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8 décembre 2009 - 7 janvier 2010

 

3-La HavaneNotre avion depuis la Martinique a "un peu" de retard.. Initialement prévu à 13h, nous décollerons en fait à 15h, ferons escale à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, pendant 2h30 au lieu d'1h.. nous arrivons finalement à Cuba à 22h30 au lieu de 17h30, heure locale. Nous avons désormais 6h de décalage au lieu de 5 avec la France.. Ca va vous suivez toujours ?

Nous sommes chaleureusement accueilli à La Havane chez une Cubaine tenant une casa particular (habitation chez l'habitant très convivial et pas cher). Elle parle français ce qui nous arrange bien étant donné qu'on a pas continué notre méthode d'espagnol au-delà de la première leçon.. (sans commentaire !) Vous pouvez réserver en lui envoyant un mail : lourdescervantesparades@yahoo.es / 30 cuc la nuit soit environ 21€ et petit déj garni de fruit et jus de fruits tropicaux pour 3cuc !

Nous dormons comme deux souches après cette journée aérosansfin..


Nous découvrons au petit matin (9h quand même) une ville bien animée et un front de mer agréable avec ses grandes rues larges à l'américaine. Nous allons nous promener dans la vieille Havane (un peu touristique mais toutefois inévitable !) où nous retrouvons tout à fait l'ambiance des reportages cubains, musique et vieilles voitures américaines, petites ruelles ensoleillées. C'est la partie de la ville que nous préférons. La ville est en rénovation permanente, à chaque coin de rue un édifice est sous les échafaudages. Ce sont essentiellement des maisons colorées de style colonial avec arcades et balcons.1-La Havane

Sophie a un coup de coeur pour les petites mobylettes à bulle jaune (coco taxi), nous en prenons d'ailleurs une pour rentrer le soir, fatigués d'avoir marché toute la journée.


Le lendemain, rebelotte, nous flânons dans les rues, puis nous nous mettons à la recherche (infructueuse la veille) de la station de bus Viazul (dit viassssul) pour prendre à l'avance notre ticket de bus pour Santiago de Cuba (beaucoup de demande à cette période, donc vite complet). 51cuc soit 36€ pour 858km, tarif imbattable mais tout de même 14h de trajet. Esperons pour Sophie qu'il n'y ait pas trop de virages !
Après un petit resto végétarien dans le centre ville, à 14cuc pour 2, pas cher, mais notre géoguide indiquait quand même qu'on pouvait s'en sortit pour moins de 1cuc par personne, donc un peu déçus quand même en voyant l'addition... ; nous visitons le musée de la Révolution, incontournable à la Havane avec toute l'histoire du pays depuis le début du XXème siècle.
Très intéressant, mais il faut parler espagnol ou anglais pour lire les commentaires et légendes. Nous rentrons à la casa en longeant le Malecon (bord de mer avec les grandes artères où se retrouvent bon nombre de pêcheurs à la ligne) sous un très beau coucher de soleil. Notre hôte nous a préparé un bon copieux repas : salade, potage d'haricots noirs (spécialité cubaine), pommes de terre et poissons, langouste et riz, glace au chocolat, le tout arrosé d'une bière locale Bucarino ; )

 

1-La HavaneLe jour suivant, nous partons à la recherche d'internet (eh oui ! il faut bien partager nos découvertes!). Il faut savoir qu'à Cuba internet est interdit, tout comme les chaînes de tv internationales et les journaux étrangers, du moins pour les Cubains. Tout ce qui est proscrit se trouve donc dans les hôtels pour les étrangers (qui ne peuvent s'en passer..). La connexion est assez chère (6 cuc, environ 4€ /h) et très très très lente. Impossible de transmettre des photos et il faut attendre 5mn le chargement de chaque page.. Autant dire qu'il vous faudra attendre un peu pour voir nos clichés de Cuba !

Après cet intermède de modernité, nous allons visiter le musée national des Beaux-Arts, quelques toiles sympas mais rien de bien exceptionnel à notre goût. Le soir, nous voulions dîner dans le restaurant que préférait Hemingway, mais nous arrivons devant un restaurant en plein travaux. Nous nous rabattons sur un dîner espagnol sympa : paella de langouste et poisson grillé, accompagnés de vin blanc chilien.. que nous ne regrettons pas !

Nous rentrons par le Malecon (front de mer) où la mer très agitée submerge par endroit le trottoir, nous sommes donc copieusement arrosés !

 

12-La HavanePour notre dernier jour à La Havane (avant d'y revenir début janvier), nous sommes fatigués ! Visiter une ville à pied est usant, loin d'être un marathon, c'est le piétinement surtout dans les musées, la chaleur et la pollution (on n'était plus habitués!) qui fatiguent.

Nous continuons néanmoins à nous promener pour connaître encore mieux cette ville. Nous faisons quand même plus de pauses, tant pour nous reposer que pour observer cette ambiance citadine de l'intérieur (les Cubains comme dans tous les pays chauds aiment, se détendre sur les places ombragées après leur journée de travail).

Le soir, nous prenons le bus de 22h pour Santiago, situé à 858 km de La Havane. Nous voyageons donc de nuit pour nous réveiller 14h plus tard à Santiago.

Lourdes (propriétaire de notre casa à La Havane) nous a recommandé plusieurs casas dans tout Cuba. Nous nous arrêtons donc à une de ces adresses pour poser nos lourds bagages et repartir visiter cette nouvelle ville à pied.

La plage commence à nous manquer. Nous sommes sur une île, mais tellement grande que les plages ne sont pas partout pour autant. Et Parisiens que nous sommes, nous commençons a en avoir "marre" des villes !

Santiago a quand même un certain charme, la vieille ville possède ses petites ruelles habituelles, mais pas trop animées car nous sommes dimanche. Nous dégotons des pizzas à 0,30€ (bonnes en plus !) qui dit mieux !? 2-SantiagoLe soir, des musiciens s'installent pour former un grand orchestre sur la place de la Cathédrale. Tous les habitants du quartier mêlés aux quelques touristes (que nous sommes ; ) viennent les écouter dans une bonne ambiance..

Seul bémol à Santiago : les Jineteros, personnes vous accostant dans la rue afin de "sympathiser" pour mieux ensuite vous demander de l'argent. Comme ce petit vieux qui nous a abordés 3 fois en deux heures "You speak english?" "Yes yes we have seen you earlier.." lol

 

Levés à 6h30 pour reprendre un bus (oui, ça nous avait manqué, mais à 50 cuc/j (37€) la location de voiture on n'a pas trop le choix..) direction Baracoa, petit bourg au sud-est de Cuba, longeant la mer et entouré de montagnes et de palmeraies. Nous logeons dans une maison avec un charmant patio où chantent des perroquets, chez Cézar Labori (tél : 21.64.25.07) très accueillant.

Nous visitons la petite ville dont on a vite fait le tour. Etant donné l'éloignement des excursions à faire, nous décidons de louer un scooter pour visiter la région. Au programme : l'une des plus belles plages de Cuba et randonnée dans le massif de Sagua-Baracoa (Boca de Yumuri). On va pouvoir enfin respirer de l'air pur !!

 

 

 

 

120-Boca de YumuriLa route pour accéder à la plage est pour le moins difficile.. 22km de route défoncée, dont une bonne dizaine très défoncée ! La plage est très jolie et ça fait du bien de se baigner de nouveau, après une semaine ça manque ! Nous déjeunons à la villa Maguana (pas cher et très bon), pour nous baigner ensuite sur la plage de l'hôtel.. journée farniente quoi ! Sophie conduit pour la première fois un scoot et y prend goût bien sûr !

 

Deuxième jours de location de scooter, nous sillonnons les routes de campagnes pour faire une petite rando de 3h, direction Boca de Yumuri. Le bitume est cette fois en bon état et c'est un vrai plaisir de conduire pendant 30km entre mer, montagnes, palmeraies, cours d'eau et petits villages typiques. A peine arrivés, et toujours sur le scooter, un petit groupe de Cubains se jette sur nous en nous proposant un tour en barque, une randonnée, à manger, du cacao... Nous discutons avec celui qui parle le mieux anglais afin de lui dire que nous voulons juste faire la randonnée (donc guide obligatoire), revenir en barque (pas le choix non plus) et manger par la suite.

Un de ses amis nous sert donc de guide et nous commençons à grimper en haut de la Loma Mandinga. Le petit chemin rougeâtre qui longe le canyon entouré de verdure est vraiment joli. Nous arrivons en haut avec une très belle vue sur les plages environnantes, pour redescendre ensuite vers le canyon. Une petite piscine naturelle nous attend tout en bas, Sophie se rafraichit les pieds, tandis que je me jette dedans car muy caliente ! Tout ceci, entouré de falaises verdoyantes, est splendide. 4-Boca de YumuriCette excursion aurait pu être parfaite, mais on ne vous avait pas encore parlé d'un Cubain et d'une Cubaine qui nous ont suivis tout du long en discutant un peu et en nous posant plein de questions sur notre vie (bref, ils voulaient surtout savoir si on avait beaucoup d'argent ou pas). Au bout d'un  moment, bien sûr, vient la phrase typique : "Pouvez-vous nous donner un peu d'argent?" ; nous refusons et continuons d'avancer. Au moment de manger au bord du fleuve, vient un grand moment de solitude et de gêne. La personne à qui nous avons commandé à manger arrive avec une autre personne, ils nous installent un petit coin pique-nique, avec poissons frais, riz, salade et bananes frites, bref, très appétissant, sauf que le guide, les 2 suiveurs, les 2 cuisiniers, plus une dame vendant du chocolat à boire s'installent à quelques metres de nous et nous regardent manger. Sophie en propose au guide qui nous dit : après... le mot était juste, car après qu'on soit repus, ils se sont partagés les restes. Je crois que je ne me suis jamais senti autant mal à l'aise... Nous rentrons en barque au village pour reprendre notre scooter et en même temps nos esprits !

 

Ca fait déjà un moment que nous avons repéré sur notre guide (géobook) un endroit splendide, une île déserte (Cayo Sabinal) où on peut planter notre tente pour 6 cuc.. Nous partons donc de ce pas pour ce petit paradis sauvage !

Pour ce faire, il nous faut d'abord rejoindre Holguin à environ 200km par la fameuse route défoncée. La liaison en car nous obligeant à retourner à Santiago, nous décidons de prendre un taxi avec deux basques espagnols qui logent dans la même casa que nous. La route est longue et nous sommes un peu serrés mais on arrive finalement à Holguin et nous reprenons un autre taxi pour Camaguey situé à 327km.. Journée taxi donc, nous arrivons fatigués à Camaguey !

Le propriétaire de notre Casa particular nous informe que Cayo Sabinal est fermé (et après vérification cette information se confirme) à cause d'un ouragan passé par là l'année dernière qui a entièrement détruit le cayo !

Fini le trip de l'île déserte pour Noël.. mais, il nous indique qu'il y a un endroit encore mieux avec des plages splendides : Santa Lucia. Nous décidons de suivre ses conseils car il n'y a pas d'autres endroits à visiter dans les environs. En fait, il s'agit plutôt d'un complexe touristique avec six hôtels "all include", tout ce que nous détestons !

Une fois sur place, c'est exactement ce qu'on pensait et c'est bien la première et la dernière fois que nous allons dans un "all inclusive" avec un petit bracelet bleu fluo au poignet !

Nous ne passerons donc pas Noël ici, bien sûr !

 

7-Trinidad (13)Deux jours de "glande" et deux ventres détraqués (la bouffe de l'hôtel est vraiment dégeu) plus tard, nous reprenons la route pour Camaguey pour rejoindre ensuite Trinidad (environ 480 km). Le taxi qu'on avait commandé n'étant jamais venu, nous en appelons un autre qui nous dépose à Camaguey. Là un gars nous accoste pour nous proposer un taxi pour Trinidad à 50 cuc (tarif imbattable !). Nous acceptons tout de suite, bien sûr, sachant que le bus est à peine moins cher et qu'on aurait 11h d'attente avant de le prendre !
Seul problème, son ami sensé nous emmener tarde à venir et ne viendra finalement pas.. Un autre de ses "amis" nous emmène pour 60 cuc, ça va encore. Celui-ci nous abandonne à Sancti Spiritus car sa voiture a des problèmes de phares.. Nous faisons donc les 70 derniers km dans une bonne vieille grosse voiture américaine qui roule à 30 à l'heure et qui tombe en panne en rase campagne. Après avoir poussé la voiture, celle-ci redémarre heureusement et nous arrivons sans d'autres encombres à Trinidad.

Cette ville est magnifique, nous l'aimons beaucoup. Nous passons cette première journée à flâner dans les rues et à s'arrêter pour écouter les musiciens jouer. Le soir, nous fumons notre premier cigare, un Montecristo, s'il vous plaît ! Un seul suffira..

8-Guama (19)Tous nos plans pour Noël ayant échoué jusqu'à présent, nous décidons de réserver un petit bungalow sur pilotis sur la lagune del Tesoro.. N'ayant pas réussi à les joindre par téléphone, nous faisons appel à Cubatour (agence de tourisme dans tout Cuba). La dame appelle l'hôtel en question (Villa Guama) et nous dit que le prix initial de 50 cuc a augmenté de 20 cuc en raison des fêtes de Noël.. Crédules, nous réservons. Heureusement pour nous, nous n'avons pas assez d'argent, du coup, nous ne payons pas tout de suite.
En partant, nous décidons de vérifier cette histoire de prix qui augmente subitement en appelant l'hôtel de notre casa. Nous avons l'hôtel qui nous dit que le prix est bien de 50 cuc... Quel bonheur de ne pas s'être fait rouler une fois de plus ! Nous réservons donc par nos propres moyens et la dame de Cubatour peut toujours attendre qu'on vienne la régler ! Qu'une agence de tourisme se prenne une marge d'accord, mais nous mentir sur le prix de l'hôtel pour l'avoir : NON !!
Le lendemain, nous allons à la plage située à 15 km de Trinidad (playa Ancon). N'ayant pas assez d'argent pour payer notre casa, nous décidons de retirer à la banque de l'hôtel de la plage. L'employé refuse car nous n'avons pas l'original de nos passeports.. du coup, nous nous dépêchons de rentrer à Trinidad avant la fermeture de la banque, que nous croyions être à 17h : peine perdue, celle-ci ferme à 15h..
Nous sommes dans la "merde", nous prenons le car le lendemain matin à 7h et la banque n'ouvre qu'à 8h30.. Eh oui ! toujours les mêmes à se mettre dans des situations pas possibles ! Nous décidons de prendre le car suivant à 9h.

8-GuamaLe lendemain, levés à 6h30, dépôt des sacs à 7h30 à la gare routière, Arnaud garde les sacs, je cours à la banque, je paie la casa, et j'arrive au car quelques minutes avant le départ.. Ouf !
C'est, bien sûr, une fois partis, que je me rends compte que Mercedes (la femme de notre casa) a oublié (j'ai oublié aussi..) de me rendre nos visas (carte de tourisme obligatoire quand on entre à Cuba et pour sortir du pays aussi) ! Du coup, nous réussissons à l'appeler et à lui demander de donner nos visas au conducteur du car du lendemain pour qu'il les laisse à Jaguey Grande et qu'on les récupère le 27.. rien de plus simple !
Après toutes ces émotions, nous arrivons enfin sur notre petit paradis repéré quelques jours plus tôt.. Arrivée en barque dans notre bungalow entouré d'eau, de nature et d'oiseaux..
Nous passons donc Noël au soleil et les pieds dans l'eau.. Joyeux Noël à tous ; ) on pense à vous dans le froid.. non, la neige ne nous manque pas ! (juste le foie gras pour Arno et les crêpes au nutella pour moi..)

Un endroit calme et reposant avec des vues et des couleurs paradisiaques ; dommage que notre premier jour se soit passé sous un boum boum permanent. Oui, les cubains adorent écouter de la musique forte même dans des endroits ou le silence est Roi ! Mais bon, c'est Noël après tout ! Notre dîner de Noël est assez bon sans être original, à part un petit morceau de crocodile dans l'assiette de Sophie, que je me hâte d'essayer... Résultat : pas mal, c'est comme de la dinde. J'en prendrai toute une assiette le lendemain... ; )
Nous faisons le tour de la réserve à pied, puis en pédalo au coucher du soleil. La lumière est vraiment splendide, les reflets dans l'eau magnifiques et le tout entouré de pélicans, vautours, et hérons en train de pêcher.
Nous partons le jour suivant en direction d'une belle petite plage (playa Larga) pas trop touristique... enfin beaucoup moins que certaines à Cuba. J'en profite pour refaire un peu de snorkeling, ça faisait un petit moment, puis voyant un catamaran pas trop loin de nous, nous ne résistons pas à le louer une petite heure (10Cuc).
Nous nous voyons déjà sillonner la mer en amoureux, et sommes très déçus de voir le moniteur monter avec nous. Déception vite atténuée, quand nous réalisons que c'est loin d'être facile de manier le "cata" et les voiles. En fait, j'avais déjà piloté un petit bateau d'une voile en colonie et je m'étais donc dit que ça devait être tout aussi simple. Bref, je n'ai même pas pu épater ma chérie... bien au contraire ; ) Le moniteur très sympa nous enseigne quelques bases de navigation et notre virée dure en fait plus de 2 heures... moment très agréable !

 

9-Playa Larga
Nos 4 jours et 3 nuits dans ce beau petit lieu passent très vite et nous voilà déjà en train de courir après notre bus qui doit partir à 10h de Jaguey Grande. Pour cela, nous devons prendre un petit bateau qui part à 9 h (15 minutes de traversée), puis un taxi pour Jaguey (20 minutes) bref, c'est serré mais réalisable ! SAUF que les autres touristes devant embarquer sur le bateau avec nous prennent tout leur temps pour venir ; le bateau ne partira, en fait, qu'à 9h20. Une fois arrivés à terre, à 9h35, aucun signe du taxi que l'hôtel était censé nous envoyer. Nous attendons, tout en étant bien stressés, un petit signe du destin quand quelqu'un nous montre une voiture, mais celle-ci doit d'abord faire le plein d'essence. Nous attendons donc avec impatience son retour et sautons dedans le plus vite possible. Nous arrivons à Jaguey à 9h56, récupérons nos visas que le chauffeur de bus avait bien laissé à la réceptionniste de la cafétéria. Cette dame nous attendait gentiment et avait même demandé au chauffeur du bus de ne pas partir sans nous. Ouf ! nous voilà en direction de La Havane !
Mais, La Havane n'est pas notre destination de la journée ; nous devons y prendre un autre bus à 14h pour Vinales. Arrivés à 12h30 à la gare routière, nous allons au bureau de Viazul (compagnie de bus) qui nous annonce que le bus d'aujourd'hui est complet et qu'il faudra prendre celui du lendemain. Un peu dégoutés, nous ne savons quoi faire... la guichetière, sur un ton exécrable, nous dit qu'on peut toujours attendre le bus de 14h et demander au chauffeur si deux places se sont libérées.
10-Vinales (32)En attendant, on décide de voir si les taxis pour Vinales ne sont pas trop chers. Après nous avoir annoncé 70cuc, on arrive à faire descendre le prix jusqu'à 40, mais ce sera un taxi en commun. Pas de problème, on fait souvent de belles rencontres dans ce genre de situation.
Belle rencontre, sûrement pas, mais insolite ça oui ! Il s'agit d'un couple de Cubains d'une trentaine d'années ; le problème c'est qu'ils sont carrément "pétés" au rhum ! Le mec monte à l'arrière avec nous avec sa bouteille déjà presque vide, ne vous inquiétez pas pour lui, il ira en acheter une autre quelques minutes plus tard. Ce mec-là est une fiction à lui tout seul, il a une vraie tête d'anglais, encore plus roux que roux et un teint pâle, parle super vite avec une voix aigue ; bref rien à voir avec l'image qu'on se fait des Cubains.
La fille monte devant et nous parle très peu, nous comprenons vite pourquoi quand on la voit ouvrir sa fenêtre en grand sur l'autoroute et y passer sa tête pour avoir de l'air frais. Bref, elle est en train de cuver. Elle ressemble un peu à une barbie habillée très court mais en version vulgaire, quelques kilos en trop et tout le temps une tétine de bébé à la bouche ! Sa tête dépassant tellement de la fenêtre, elle y perd son beau serre-tête rose fluo avec une grosse fleur. La voiture s'arrête, fait une petite marche arrière (oui oui toujours sur l'autoroute) et son mec file au milieu des voies le récupérer. Nous repartons, puis arrive la suite logique, elle demande au chauffeur de s' arrêter afin de vomir un peu ! Ils descendront un peu avant nous, à Pinar Del Rio (non, ça ne veut pas dire le "roi du pinard" mais ça leur aurait bien convenu). Nous n'avons pas beaucoup discuté avec eux mais on s'en souviendra longtemps ! ; )
Nous arrivons à Vinales sous un ciel gris.. C'est une toute petite ville, entourée de montagnes et de vallées à la terre rouge. Tout le monde nous en a dit du bien, nous avions donc bien hâte d'y être. Malheureusement, le temps n'est vraiment pas de la partie..

Le lendemain, nous allons nous promener dans la campagne. Nous rencontrons un homme avec un cheval et lui demandons de faire une randonnée le lendemain (3,5 cuc/h au lieu de 5 en agence de tourisme..). Nous continuons ensuite notre balade, traversons une grotte (heureusement, nous avons une lampe torche sur notre portable !). Là, nous faisons la rencontre d'un Tchèque et d'une Française. Il se trouve que celle-ci est allée au même lycée, la même année, qu'Arnaud et que je remplaçais une de ses amies à la librairie où je travaillais.. le monde est si petit !
Dans la grotte, nous traversons la montagne et arrivons de l'autre côté dans une vallée d'un autre temps. Les champs apparaissent dans la brume et petit à petit les paysages se dévoilent. Les paysans que nous rencontrons sont charmants. Ici, pas de voitures, les chevaux sont rois ! La campagne de Vinales est magnifique, même sous la pluie cela vaut le détour (dommage pour les photos..).

VinalesAujourd'hui, nous partons donc découvrir la campagne environnante à cheval.. Je n'en avais pas fait depuis 10 ans et Arnaud en a fait en ce1, autant dire qu'on est un peu rouillés ! La balade se déroule donc au pas, à part quand notre guide tape nos montures qui accélèrent d'un seul coup ! On se retrouve donc à faire du trot sans la possibilité de se lever et de se rasseoir à la cadence du cheval comme on fait d'ordinaire (nos étriers étant trop longs..). Nos fesses en pâtissent donc beaucoup, surtout les miennes étant donné que ma selle se résume à une planche de bois !
En dehors de ces petits aléas, la balade est très belle et les paysages magnifiques.. La terre rouge donne un aspect de Colorado à ces champs burinés par le soleil.
Nous nous arrêtons près d'une grotte où plusieurs Cubains nous disent d'aller voir la piscine naturelle à l'intérieur. Pas plus motivés que ça, nous leur emboîtons tout de même le pas. Effectivement, après avoir marché le long d'un ruisseau souterrain, nous arrivons à un grand bassin où des touristes n'hésitent pas à se baigner. Ne désirant pas faire de même, nous remontons avec un des guides qui, bien sûr, ne manque pas de nous demander 2 pesos pour la visite..
Nous remontons à cheval (ouille les fesses !), pour nous arrêter un peu plus loin chez un cultivateur de tabac. Il nous montre sa grange où il fait sécher ses feuilles de tabac. Nous discutons avec lui en espagnol et arrivons à nous comprendre !
Au retour, le cheval d'Arnaud et le mien ne s'entendant pas bien (celui d'Arnaud est le dominant, il ne veut pas que le mien passe devant !), ils n'arrêtent pas de se disputer la première place et le mien reçoit des coups de sabot.. Nous arrivons tout de même entiers, mais je ne vous raconte pas les courbatures le lendemain !

Pour le Jour de l'An, nous décidons de réaliser enfin notre rêve d'île déserte en campant sur le Cayo Jutias. Notre guide nous met l'eau à la bouche : "l'îlot et sa plage, parfaitement préservés, offrent 4km de sable clair baigné d'une eau turquoise, avec une superbe barrière corallienne à 100m à peine du bord. Le bonheur. Tout au bout de la plage, le fond marin est tapissé d'une colonie d'énormes étoiles de mer orange (...) Possibilité de dormir sur les lieux si vous disposez de votre tente : romantisme assuré pour les Robinsons aventureux." Ni une, ni deux, on se dit que cet endroit est fait pour nous !
Nous faisons donc appel à un homme qui prétend avoir une voiture à disposition pour nous emmener le 30 décembre et revenir nous chercher le 2 janvier. Le Cubain a l'air étonné qu'on puisse dormir sur le Cayo... Il appelle son ami qui doit ramener la voiture. Un quart d'heure plus tard, ce soi-disant ami a un problème avec sa voiture, donc il faudra attendre 1 heure (on devrait commencer à être habitués avec leurs magouilles de voiture). Qu'à cela ne tienne, nous partons manger un bout et revenons une heure plus tard. Bien sûr, la voiture n'est toujours pas là et le mec nous dit d'attendre 10mn. Trois quarts d'heure plus tard, on en a franchement marre !
En plus, je fais limite un malaise (je suis un peu malade depuis quelques jours..), du coup, nous disons au revoir au Cayo et restons à Vinales !
VinalesBien nous en a pris, car nous sommes franchement malades tous les deux le soir même (mal de gorge, mal de tête.. eh oui, même au soleil on attrape froid !) et on est heureux de ne pas être frigorifiés sous notre tente sur une île déserte !!
Petit détail sur Vinales, si vous dormez dans cette ville (que ce soit au centre ville ou à côté des champs) pensez à prendre des boules quies ! Les coqs sont complétement fous et enroués, ils chantent à toute heure de la nuit ! Et on a parfois envies de meurtres vers les 5h du mat..

Nous passons les journées des 30 et 31 décembre au lit, entre siestes, lectures et petits films (soigneusement conservés sur l'ordi pour les "au cas où"). Le 31 au soir, nous veillons jusqu'à 23H30, tout de même décidés à voir les cubains fêter le Jour de l'An, malades ou pas. Nous nous installons donc sur la place centrale. Il y a pas mal de monde, de la musique assez forte sort des grosses enceintes empilées, mais aucun groupe de musique et pas beaucoup de personnes en train de danser (le mythe cubain en prend un coup). Ce n'est pas grave, n'étant pas de grands danseurs non plus, nous nous asseyons et attendons le compte à rebours du "Feliz ano" ; nous attendons, attendons encore puis toujours pour nous rendre compte qu'il ne s'est rien passé à minuit. Ni compte à rebours, ni cris, ni embrassades, ni bouteilles de cidre moussant tout le monde (oui, cidre car même s'ils ont des bouteilles qui ressemblent beaucoup à celles du Champagne c'est en fait du cidre). Un peu déçus de ce nouvel an passé dans le froid pour pas grand chose, nous retournons nous coucher bien au chaud..

VinalesPassant donc une grande semaine à Vinales, nous nous reposons les premiers jours, utilisant médicaments (Tiorfan c'est nul!) et médecine locale (plantes médicinales, eau chaude, citron et miel pour la gorge, jus de goyave pour le ventre..). Nous changeons aussi de casa particulare et décoctons une petite adresse tout à fait sympa avec une vue imprenable sur la campagne et les montagnes environnantes (Casa vista al Valle, chez Osiris & Dunia : 01.52.23.91.50). Notre chambre est baignée par le soleil et la terrasse y attenant donne sur un champ de papayes avec montagnes en arrière-plan, aucun vis-à-vis bien sûr ! Quoi de plus reposant ?!

Leur petite fille Daphnée est adorable, elle a 3 ans et parle mieux que nous l'espagnol ! Elle répète doucement chaque mot lorsqu'on ne comprend pas, trop drôle ! On joue avec elle chaque soir et nous sommes tristes de nous quitter le dernier jour..
Nous visitons la campagne alentours et découvrons une multitude de petits chemins (certains ne donnent nulle part ou sur un ruisseau à traverser !) qui nous permettent d'apprécier au mieux ce lieu enchanteur..

Nous rentrons à La Havane la veille de notre départ (eh oui, Cuba nous a appris qu'il faut toujours se méfier des imprévus..). Le voyage en car est moins cher qu'en taxi mais beaucoup plus long ! Nous arrivons donc tard à La Havane et la chambre qu'Osiris nous avait réservée a été louée.. Nous galérons un peu à en trouver une autre dans la vieille ville, les casas officielles étant toutes prises. Qu'à cela ne tienne, à Cuba les habitants se débrouillent toujours pour que vous ne dormiez pas dehors !
Che GuevaraNous trouvons donc une chambre sympathique, dans une ancienne demeure coloniale, avec 8m de hauteur sous plafond..

Nous dinons dans le restaurant préféré d'Hemingway (Bodeguita del Medio) où tous les murs sont signés par les visiteurs. Il avait bon goût, c'est en effet très bon !

Le lendemain, nous prenons un taxi pour nous rendre à l'aéroport et nous trouvons enfin un Cubain franc nous disant qu'il aime son pays mais pas son gouvernement. Comme nous l'avions déjà remarqué, Cuba est un très beau pays, les habitants sont charmants, mais le gouvernement ne fait rien (si ce n'est scolarité et santé) pour eux. En général, les Cubains n'ont pas accès aux produits destinés aux touristes (nourriture, savon, habits..), ils ont des vacances mais n'ont pas d'argent pour partir visiter leur propre pays, ils se débrouillent comme ils peuvent avec des petits boulots (souvent interdits : taxi non officiel, marché noir) et risquent gros, ils n'ont pas de retraite, à part ceux qui travaillent pour le gouvernement..
Comme dit Arnaud, c'est un pays "Disneyland", tout est fait pour les touristes, mais si on creuse un peu on découvre des habitants qui manquent de pas mal de choses. Il faut croire que le communisme n'est pas le même pour tout le monde..

 

 

 


Hébergements : casas particulares (chambres chez l'habitant), 2 nuits d'hôtel, 3 nuits en bungalow
Transports : bus, taxis non officiels, taxis collectifs, scooter

Guide : Géoguide Cuba (merci les Boubou's !)

 

 


Les lieux que nous avons préférés :
- le quartier de la vieille Havane
- Trinidad
- Guama
- la vallée de Vinales

Ce que nous avons aimé :
- les vieilles voitures américaines ; )
- les pizzetas
- la gentillesse de certains Cubains

Ce que nous n'avons pas aimé :
- les jineteros
- le gouvernement cubain qui fait tout pour les touristes et rien ou presque (à part scolarité et accès aux soins) pour les Cubains
- les complexes touristiques ainsi que les plages interdites aux Cubains
- l'accès à internet trop cher et très lent (interdit aux Cubains)
- deux monnaies rendant impossible l'achat de certains produits par les Cubains
- la location de voiture beaucoup trop chère

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